Ca y est, je suis redescendu du plateau et retrouvé par là même la pluie qui s’était habillée de blanc sitôt les 350m franchis.
Mon premier contact avec le plateau d’Aubrac s’est fait en blanc et gris. Un désert blanc aux formes douces où seuls émergent des arbres dépouillés. Je devinais les maisons comme tapies dans quelques creux de manteau blanc. Les flocons tombaient horizontalement, pris dans la tourmente qui balayait le plateau. Les pâturages semblaient comme bâchés et la vie en sommeil. Je découvrais l’hiver dans l’Aubrac.
Alors c’est sûr, pour passer ces quelques jours à photographier les ombres, la lumière, la nature, etc… cela s’annonçait mal mais en fait, j’avais là devant moi, à portée d’objectif le tableau de l’absence. J’allais passer mon temps à photographier l’absence. Un décor minimaliste, monochrome, sans acteur. Des champs sans vaches, sans vert. Du ciel sans bleu qui vire aux bleus de l’âme.
J’ai regardé ces paysages étranges plus que je ne les ai photographiés. Cette impression d’immensité et le silence étaient un incroyable terrain de pensées. Et l’on n’est jamais seul quand on se promène avec ses pensées. Je me suis dis parfois que ce terrain était bien grand pour tant de petites pensées, et qu’il devrait se partager… Alors mon œil dans le viseur, il devenait à taille humaine et j’appuyais sur le bouton pour que d’autres esprits fassent de ces clichés leurs pensées.
En fait, ces voyages, je les adore car ils me permettent de penser, à tous les temps, à tous les êtres ! Et dire que ce n’est que le premier d’une série que j’espère longue !...
"IL N'Y A PAS DE PHOTOGRAPHIE ARTISTIQUE.
IL Y A EN PHOTOGRAPHIE COMME PARTOUT, DES GENS QUI SAVENT VOIR ET D'AUTRES QUI NE SAVENT MEME PAS REGARDER "
"THERE IS NO ARTISTIC PHOTOGRAPHY.
IN PHOTOGRAPHY AS EVERYWHERE, PEOPLE WHO CAN SEE AND OTHERS WHO DO NOT EVEN WATCH"
"就没有艺术摄影。这是因为所有的摄影人知道并看到其他人甚至不知道看"
"Non ci sono fotografie artistiche. Nella la fotografia, come per ogni altra cosa, c'è gente che sa vedere e gente che non sa neanche guardare."
Depuis combien d'époques la lune existe-t-elle ?
Tenant ma coupe en main, j'interroge le ciel.
Dans les palais célestes, depuis combien d'années
revient ce soir de fête, voilà ce que j'ignore.
Pouvoir y retourner en chevauchant le vent !
Mais je crains, dans ces palais de jade et d'agate,
que le froid ne règne en si haut lieu.
Elle décrit un cercle au-dessus de chez moi,
Elle s'abaisse derrière le rideau de la fenêtre ;
Elle éclaire l'insomnie.
Pourquoi lui en vouloir
de se faire pleine quand nous sommes séparés !
Se revoir, se quitter, tel est le lot des hommes,
Paraitre et disparaitre, telle est sa destinée.
Difficile d'atteindre une plénitude constante.
La longueur de la vie est ma seule espérance
Et que, même séparés, nous partagions son charme.
Petit poème millénaire de l’écrivain chinois
Su Shi